Danse contemporaine – hip hop
Après le cirque, le numérique, le sport, le vent ou l’apesanteur, c’est tout simplement face au temps qui défile, et qui nous défie, que le chorégraphe s’interroge.
« Dans cette nouvelle création, j’explore le corps face au temps. Je porte une réflexion nouvelle et engagée sur le mouvement et la performance physique.
À mon âge et après 30 ans de carrière, les danseurs de ma génération n’ont plus le même rapport au corps. Et pourtant, nous continuons, dans nos spectacles et dans nos performances, à célébrer le beau.
C’est une autre énergie et ce sont d’autres élans, nous ne cherchons plus la prouesse physique spectaculaire mais une autre esthétique toujours gracieuse et énergique. J’ai choisi de construire une chorégraphie autour de cette réalité. Celle du corps vieillissant. Notre société admet le corps et le valorise, mais dans les critères spécifiques que cette dernière s’est imposée à elle-même. Dans Beauséjour, je regarde le corps usé, celui qui a vécu, celui qui porte les marques et les douleurs du temps. La nostalgie ici n’est pas un sentiment amer, c’est une force vive qui renaît et qui se déploie à nouveau.
Beauséjour est l’utopie à la fois d’un passé qui renaît par réminiscence et d’un présent vécu par des corps proéminents, boursoufflés et courbés. Un véritable défi chorégraphique pour des danseurs hip-hop qui doivent s’approprier de nouvelles gestuelles, incarnant des personnages singuliers, loin de leurs performances habituelles. De ces personnages attachants et assumés dans leur originalité se dégage une vision renouvelée du beau, dans laquelle la danse se veut universelle et transgénérationnelle.
La vieillesse peut être le séjour bienheureux où réside la beauté ! Beauté qui défie le temps, qui résiste et qui existe autrement. Porté par les rythmes électro-tango de Müller & Makaroff, c’est l’esprit ginguette qui réapparaît sous les yeux du public. La danse, plus que jamais, est l’écrin de la vie et du partage. » Mourad Merzouki.
